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20 février 2013

Rythmes : une majorité de français pour reporter la réforme à 2014

Que pensent les français des rythmes scolaires ? Les parents sont comme les enseignants. Ce n’est pas le principe d’une réforme des rythmes qui les inquiète, même s’ils jugent ce sujet non prioritaire pour l’école, mais bien sa mise en œuvre pratique pour leur enfant, à l’échelle de leur commune selon le sondage Harris interactive pour le SNUipp.

Si les français attendent que la réforme sur les rythmes favorise l’égalité entre les enfants, ils considèrent majoritairement qu’elle aurait plutôt tendance à aggraver les inégalités. C’est le cas pour 62 % des parents d’enfants scolarisés selon le sondage Harris interactive pour le SNUipp présenté le 20 février. Les parents sont partagés mais s’interrogent tout de même sur la mise en place d’une organisation de la journée différente entre les élèves de maternelle et de primaire – ce que ne prévoit pas la réforme – tout comme sur le caractère obligatoire ou facultatif des activités périscolaires. Par contre, ils considèrent que ces activités périscolaires devraient être gratuites pour tous ( 77 % des parents).

Les difficultés des collectivités

Les français, et encore plus les parents d’enfants scolarisés, doutent de la capacité de leur commune à mettre en place une réforme réussie. Ils pointent notamment des infrastructures insuffisantes (45 % des français) et le manque de personnel qualifié encadrant les activités péri- scolaires (57 %). De fait, " après les collectivités locales, ce sont les français et encore plus les parents d’élèves qui renforcent notre conviction au SNUipp qu’un report à 2014 est souhaitable" a commenté le secrétaire général du syndicat lors de la présentation de cette enquête. La réforme ne semble donc pas mûre. Seuls 12 % des français sont pour une mise en œuvre dès 2013. Le report à 2014 est privilégié soit de manière systématique (33% chez les français et 40 % chez les parents d’élèves), soit là où les conditions ne sont pas réunies pour 2013 (48%).

La gratuité du périscolaire plébiscitée

Les parents veulent une belle journée éducative pour leurs enfants. Voilà une exigence tout à fait légitime ! Mais ils ne veulent pas la payer de leur poche. 73 % ne se disent pas prêts à payer davantage d’impôts locaux dans leur commune. Plus d’un sur deux n’inscrira pas ses enfants si les activités péri-éducatives sont payantes, ce taux augmentant chez les familles défavorisées. Enfin, contrairement aux schémas qui semblent se dessiner ici et là, l’allongement de la pause méridienne ne fait pas recette. 68 % des français lui préfèrent des journées de classe finissant à 15H30 avec des activités périscolaire prenant le relais.

Un pavé dans la mare

Cette enquête, la première du genre auprès des français sur les contours de la reforme, est un pavé dans la mare de l’angélisme ambiant. Le 12 février, les enseignants des écoles ont exprimé leur déception sur la manière dont l’organisation des temps de l’enfant était en train de se dessiner concrètement. Depuis des mois, nous avions pointé les difficultés : gratuité, infrastructures, articulation du scolaire et du périscolaire. C’est le cœur de la réforme qui ne bat pas au bon rythme. La belle journée éducative ne peut pas être une vitrine que l’on exposerait dans les communes riches et un mirage dans les autres.

Les difficultés identifiées

Maintenant que les difficultés pratiques sont identifiées, il faut remettre l’ouvrage sur le métier. Le SNUipp demande le report à 2014 là ou les conditions ne sont pas réunies, là où l’accord de toutes les parties prenantes n’est pas garanti. Il faut se mettre autour de la table avec tous les partenaires, prendre le temps de réécrire le décret, valoriser les conseils d’école, permettre des organisations plus souples avec 2 mercredi sur trois par exemple, revoir l’équilibre de l’année et de la journée. Il faut aussi avancer sur tous les autres sujets de la priorité au primaire qui ont été écrasés par la réforme des rythmes. La balle est dans le camp du ministre.

 

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