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11 novembre 2011

Compte rendu de l’audience RASED auprès de l’inspectrice d’académie.

Le 09 novembre 2011, à la demande du SNUipp-FSU, une délégation de personnels de RASED a été reçue en audience par l’inspectrice d’académie.

Une réunion de préparation avec les collègues de RASED,le 28 septembre, avait permis de dresser une liste de questions à aborder. Toutes ont été évoquées au cours de l’audience, qui a duré environ une heure vingt, mais le sujet principal a bien sûr été le questionnement au sujet de l’avenir des RASED qui apparaît très incertain, tant au niveau national qu’au niveau départemental.

L’inspectrice d’académie est d’abord revenue sur la carte scolaire de l’an passé, pour laquelle elle avait annoncé qu’elle n’avait pas l’intention de toucher aux postes de RASED. Si un redéploiement des moyens sur le territoire départemental était prévu, le nombre de postes ne devait pas varier. Les mesures d’ajustement de rentrée l’ont conduite à contredire son projet initial, et à fermer des postes de réseau (rappelons que le nombre de postes en réseaux d’aide dans le département a diminué de 25 % entre 2007 et 2011).

Pour la rentrée de 2012, les opérations de carte scolaire auront lieu plus tôt que les autres années (contexte électoral oblige…), mais pour l’instant les dotations départementales ne sont pas connues.

L’IA indique tout de même que, dans un projet national prévoyant 5700 suppressions de postes dans le premier degré, le Morbihan risque de devoir rendre encore plus de postes que cette année. Le président de la République s’étant engagé à ce que, hors démographie, il n’y ait pas plus de fermetures que d’ouvertures de classes, ce sont donc d’autres types de postes qui seront visés par des mesures de fermeture, à savoir ceux de personnels n’étant pas directement en responsabilité d’une classe. Parmi ceux-ci, les conseillers pédagogiques ne semblent pas faire partie des cibles de l’IA pour le moment. Les postes de remplaçants (146 sur les 2032 emplois du département) sont déjà très peu nombreux, plaçant le département bien en dessous de la moyenne nationale. Restent les postes itinérants langues, qui risquent fort de disparaître à la prochaine rentrée et… les RASED, qui comptent actuellement 5 postes E pourvus à titre provisoire par des collègues non spécialisés (et où des postes pourraient être libérés par des départs en retraite).

Aucune réponse ferme de l’inspectrice d’académie sur les mesures qu’elle prendra, mais elle indique clairement que « la stabilité des réseaux pour la rentrée de 2012 n’est pas garantie ».

En lien avec la disparition de postes dans les réseaux d’aide, se pose la question du fonctionnement même de ces réseaux. Pour l’IA, le travail des enseignants spécialisés ne pourra pas continuer selon les mêmes modalités qu’actuellement, et devra s’orienter davantage vers une tâche « d’expertise auprès des équipes d’écoles »… discours déjà largement relayé par les IEN dans le département. Comment lutter contre la grande difficulté scolaire, dans ces conditions ? L’IA n’apporte pas de réponse à cette question.

La formation est également en lien direct avec la politique de suppression de postes en réseaux d’aide : si les postes disparaissent, le département ne va évidemment pas envoyer de personnels en formation. L’inspectrice d’académie indique d’ailleurs que la formation G ne sera pas davantage assurée l’an prochain que cette année. Quant à la formation E, le problème est le financement par le budget de la formation continue, qui tend lui aussi vers la peau de chagrin... Pour des collègues qui souhaiteraient entrer dans l’enseignement spécialisé, l’inspectrice d’académie leur conseille fortement de choisir une option du CAPA-SH en lien avec le handicap (par exemple l’option D, pour travailler en CLIS ou en ULIS). C’est effectivement une possibilité, puisque ces postes sont sans doute appelés à se développer, mais il s’agit d’un choix professionnel complètement différent de celui consistant à travailler dans le cadre d’un réseau…

L’avenir des réseaux d’aide apparaît donc des plus sombres. Pour autant, ils existent, et leur fonctionnement actuel n’est pas sans poser de problèmes, également évoqués lors de cette audience :

La question du remboursement des frais de déplacement continue de rendre très problématique le fonctionnement des RASED. Le montant des enveloppes est trop faible pour assurer plus de quelques mois, voire quelques semaines de déplacement, dans bien des cas, et la date de communication de ces montants est trop tardive pour pouvoir établir des prévisions de déplacements. Par ailleurs, l’utilisation de DT-Ulysse est vraiment très lourde et complique l’établissement des états de frais. L’inspectrice d’académie indique qu’une formation pourrait être proposée pour mieux utiliser cette application.

Pour ce qui concerne le montant des enveloppes, elle rappelle qu’il est lié au montant global du budget octroyé au département, lequel est en diminution depuis plusieurs années. Elle insiste sur le fait que, pour elle, le montant de l’enveloppe détermine les déplacements. Autrement dit, il faut faire avec la somme allouée, et lorsqu’il n’y a plus d’argent, ne plus se déplacer. Cela doit aussi être pris en compte lors de la définition des secteurs d’intervention, seuls les psychologues devant, selon elle, être à même de pouvoir intervenir dans toutes les écoles de la circonscription en fonction des besoins. La part des déplacements des psychologues scolaires liée au travail pour la MDA (bilans psy en vue d’orientations en CLIS ou ULIS, demandes de SESSAD, participation aux ESS…) étant de plus en plus importante, et ces déplacements étant inévitables, il est demandé si le Conseil Général ne pourrait pas participer à leur défraiement. L’inspectrice d’académie évoquera la question lors d’une prochaine rencontre avec le directeur de la MDA. Autre question liée aux déplacements : qu’en est-il de la reconnaissance en accident de service d’un collègue se déplaçant avec son véhicule personnel dans une seule commune (ce qui se produit dans quelques grosses communes urbaines) ? Les collègues dans ce cas ne bénéficient pas de remboursements de leurs frais de déplacements, et n’entrent donc pas dans DT-Ulysse. De ce fait, ils n’établissent pas de demande d’OMP (ordre de mission permanent), or c’est celui-ci qui fait office d’autorisation d’utiliser le véhicule personnel pour les déplacements professionnels. L’inspectrice d’académie répond que ses services reconnaîtraient un accident dans le cadre des déplacements professionnels sans aucune difficulté, mais qu’elle va se renseigner pour savoir si une procédure est prévue pour les collègues se trouvant dans ce cas particulier.

Les moyens de fonctionnement des personnels de réseaux sont très disparates selon les communes de rattachement des postes : certaines communes sont très arrangeantes, d’autres beaucoup plus réticentes pour consacrer un budget au fonctionnement des postes spécialisés. Tous les réseaux n’ont pas d’ordinateur ou d’adresse électronique, par exemple. L’achat de matériels spécifiques, au coût élevé, comme les tests psychologiques, est souvent problématique, voire impossible. L’inspectrice d’académie dit qu’elle va demander à l’IEN-ASH de pratiquer un recensement des matériels disponibles auprès des psychologues scolaires du département pour estimer les manques et voir si des solutions sont possibles (rappelons qu’il y a quelques années l’IA avait réussi à financer l’achat d’une douzaine de tests, qui avaient été répartis entre les circonscriptions).

Autre difficulté dans le fonctionnement des réseaux au quotidien : les informations ne parviennent pas toujours en temps et en heure aux membres des RASED. Il est demandé que les secrétariats des IEN retransmettent systématiquement aux réseaux d’aide les informations à destination des écoles, ce qui éviterait des impasses parfois gênantes. L’IA donne son accord, et fera passer l’information aux IEN.

Enfin, des changements d’implantation de poste ont pu avoir lieu sans que les collègues concernés ne soient informés suffisamment tôt. L’IA rappelle que l’IEN peut, au sein de sa circonscription, modifier l’implantation d’un poste spécialisé en fonction des besoins constatés. Toutefois, il est préférable, selon elle, que cela puisse se faire dans la concertation, même si la décision finale revient à l’inspecteur de circonscription.

Réalités d’aujourd’hui et perspectives pour demain ne sont guère réjouissantes. Lorsque les propositions de mesures de carte scolaire seront connues, l’avenir à court terme des réseaux d’aide dans le département apparaîtra plus clairement.

La mobilisation de tous sera nécessaire pour que les élèves qui en ont besoin puissent, partout, compter sur des aides spécialisées pour les aider à dépasser leurs difficultés !

 

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